SNUipp-FSU du Jura : Nous n’entrerons pas dans l’avenir à reculons !

vous etes ici Accueil du site > CTSD et CDEN > Compte rendu des CTPD et CDEN des 13 et 22 novembre
fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
publie 7 novembre 2007

Compte rendu des CTPD et CDEN des 13 et 22 novembre

Chaque premier trimestre, le CTP et le CDEN se réunissent pour faire le bilan de l’organisation du système scolaire dans les écoles et les collèges. : effectifs, situation des emplois, langues vivantes, formation continue, crédits pédagogiques, remplacements, résultats des élèves, vie de l’élève. Des documents complets et étayés élaborés par les services de l’inspection académique servent de base aux travaux des deux instances. Cette année elles se sont tenues après les vacances d’automne, ce qui parait tardif. L’Inspecteur d’Académique a expliqué que l’intérêt d’une telle date était d’avoir des données complètes et définitives (effectifs, nombre d’élèves accueillis dans des structures spécialisées) mais qu’à l’avenir il ferait en sorte que ce premier rendez-vous de l’année ait lieu avant les vacances.

Les séances

1) La déclaration préalable de la FSU
Comment parler bilan sans caractériser la politique budgétaire et éducative du gouvernement Sarkozy/Fillon, d’autant que ce CTP se tenait à une semaine de la grève nationale dans la fonction publique. D’où la déclaration préalable de la FSU, grille d’analyse et de mise en cohérence de tous les points à l’ordre du jour. (Lire ci-dessous). "Nous ne développerons pas ici ce qui nous a opposé à la loi Fillon de 2005 contre l’école mais nous retiendrons deux aspects négatifs pour la caractériser.
Le premier est structurel et repose sur une conception très idéologique de l’organisation de la société. L’individu devient l’acteur principal de son destin et est donc mis en « situation de responsabilité » tout au long de sa vie. Cela commence à l’école avec les projets personnalisés, les compétences individuelles, le socle commun étant le minimum garanti qui justifie « l’égalité des chances ». L’oxymore doit fonctionner à merveille : la chance renvoyant au hasard et l’égalité aux principes républicains, on escamote l’idée même d’égalité qui ne peut être que « l’égalité des droits et l’accès à tous à ces droits ». Il est alors plus facile pour répondre à cette exigence de renvoyer chaque individu à son propre destin, à ses propres « talents ». Exit l’inégalité économique, sociale, culturelle, territoriale, familiale, c’est-à-dire les rapports sociaux qui font l’organisation d’une société, et par là même son projet. Et la concurrence interindividuelle peut devenir la règle : une égalité des chances étant censée garantie au départ, les inégalités à l’arrivée doivent tout aux concurrents et rien aux règles explicites ou implicites de la concurrence, ni aux rapports sociaux qui président à la production de ces règles ainsi qu’aux dotations inégales des concurrents. C’est fondamentalement sur ce socle idéologique qu’est structuré le socle commun.
La seconde affaire est budgétaire. Les politiques budgétaires se mettent au service de cette école-là : réduction des coûts par le non remplacement des départs à la retraite de dizaine de milliers d’enseignants tous les ans, suppression des emplois dans les mêmes proportions (- 20000 emplois dans le secondaire en quatre ans) ; suppression des zones prioritaires et de leurs moyens remplacés par des milliers d’heures supplémentaires ; renoncement à la scolarisation des enfants de deux/trois ans ; réduction des horaires et délestage des milliers d’élèves les plus en difficulté. L’avatar de la semaine de 4 jours en est une illustration. Bref il s’agit de faire mieux avec beaucoup moins. A croire que jusqu’à présent nous étions tous très mauvais, vous comme nous."

2) Le CTP 1er degré au fil de l’ordre du jour :

- Objectifs et indicateurs : Les « outils » de la mise en œuvre de la loi Fillon qui s’inscrivent dans une démarche très « managériale » du fonctionnement de l’école : mission/programme/action avec la définition de critères de performance !

- Emplois et effectifs : Les données chiffrées confirment l’analyse des organisations syndicales : les effectifs grimpent régulièrement, les emplois diminuent. 1375,5 emplois dans le 1er degré au 1er septembre 2007, 1430,5 en 2001. Moins 55 emplois en 6 ans ! Entre 2001 et 2007, le Jura a perdu 38 classes pour 150 élèves accueillis en plus. Et cela sans parler de la déscolarisation des 2 ans : 54 % d’une classe d’âge il y a dix ans. 22 % cette année, ce qui explique la baisse du nombre d’enfants en maternelle… et les difficultés des parents. La LOLF et les critères de performance au service de la casse de l’emploi : logique redoutable que celle de la LOLF et de ses critères de performance appliquée à la gestion des emplois et des personnels. Déjà l’an dernier, l’IA a concédé en fin d’année que sur 2006-2007, ce sont 6 emplois qui n’ont pas été pourvus sur l’année (6 listes complémentaires non recrutées – 6 jeunes restés sur le quai de la vie active). Ces emplois pourtant budgétisés n’ont pas été utilisés. Bis répétita cette année… en pire ! D’abord l’épisode des 19 postes non pourvus en septembre pour lesquels la rectrice n’a accordé que le recrutement de 10 listes complémentaires après la rentrée. Besoins aidant, problème de remplacement dès le début de l’année, nouveau recrutement de 5 LC en octobre. Mais les services de l’inspection préviennent que le déficit sera d’ores et déjà de – 8 emplois en janvier, voire – 17 en juin. La ministre du budget si prompte à appliquer le bouclier fiscal aux plus riches appréciera cette bonne gestion rigoureuse des fonds publics. Les collègues qui ont des classes surchargées, les écoles qui ont vu des classes fermées, les parents dont les élèves seront répartis dans les classes car l’enseignant ne sera pas remplacé, aussi !

- carte scolaire 2008 : Les critères d’étude restent inchangés. Six catégories d’école (pour une ouverture, les écoles d’1 classe et les écoles primaires 2 classes et RPI – pour une fermeture, les écoles d’1 classe, les écoles élémentaires de 2 classes et RPI, les écoles primaires 2 classes et RPI et les écoles primaires 3 et RPI)) n’ont plus de critères préalablement définis et voient leur situation étudiée dans le cadre du schéma territorial départemental. D’où la vigilance accrue des organisations syndicales au respect de l’équité de traitement antre les écoles.

- EVS-AVS : La FSU a dénoncé la précarité de ces emplois, et les insupportables retards de paiement et les économies faites sur leurs frais de déplacement. Quant au fonctionnement des écoles et des classes, les exemples des écoles de Beaufort et de Lons F.Rollet maternelle illustrent les dysfonctionnements liés au statut précaire des personnels et à la difficulté ou la non-volonté d’effectuer les recrutements nécessaires à l’encadrement des enfants dans les classes.

- Langues vivantes : Rhétorique toute « médéfienne » à propos de l’enseignement des langues. « Les équipes ont été sollicitées pour accroître le nombre d’échanges de services pour … ne plus dépendre de ressources externes coûteuses et dont le dispositif mis en œuvre s’avère fréquemment moins flexible »… « La taille des groupes d’allemand a augmenté passant de 12 élèves en 2006-2007 à 17,44 en 2007-2008 »…. « Le souci des équipes de circonscriptions de ne pas céder à la tentation du « un niveau = un groupe » a porté ses fruits… ». Où sont les indicateurs pédagogiques d’apprentissage d’une langue vivante dans tout cela ??? Confronté à ses propres contradictions, l’IA est revenu sur la carte d’implantation des pôles « allemand ». Finie l’ambition de développer l’allemand, il faut du court terme. Lors du CDEN, le Préfet quant à lui, a pointé les responsables de la difficulté de l’implantation de l’allemand : les fédérations de parents d’élèves qui ne seraient pas assez persuasives !!! La FSU a rappelé son attachement à la diversité des langues vivantes et au choix des familles.

- Crédits pédagogiques : La restriction des crédits contraint les collègues à réviser à la baisse leurs projets. Autre conséquence, le transfert sur les collectivités territoriales par le biais de demandes de subventions. Cet argument a surtout été développé au CDEN, instance où siègent les élus.

- Formation continue : Confirmation par les chiffres. Budget de la FC en 2003 : 126 895 €. En 2006 : 97 121 €.

- Absences et remplacements : Toutes les absences sont passées au crible d’un tableau statistique assez complet. Par exemple sur les 34 370 ½ journées d’absences comptabilisées en 2006/2007, 37,6 % soit 11360 l’ont été pour congé de maladie… A notre question sur l’évolution des congés de maternité liés au rajeunissement de la profession, aucune réponse… Quant aux tableaux établissant le taux de non-remplacement (de 0,69% à Bletterans à 4,75 % à Dole I), ils montrent le décalage entre les chiffres donnés par l’administration et la réalité vécue par les collègues.

- Résultats des élèves : Le dernier tableau des documents présente les résultats des évaluations à l’entrée en classe de 6ème sur les 3 dernières années. Si les résultats en mathématiques sont constants (autour de 65 % de réussite), il apparaît une baisse de 10 % en français entre 2004 et 2005 (de 65 % à 55 %), baisse confirmée en 2006. Sur ce rare indicateur pédagogique, nous avons demandé à l’administration comment elle analysait cette baisse sensible. Ni l’IA ni les IEN présents n’avaient pointé cet écart... Quant à avoir une explication …. Cela pose peut-être la question de la pertinence des indicateurs ?

3) Le second degré Analyse des effectifs, interrogation sur l’orientation… tous les points liés au fonctionnement des établissements ont également été approfondis. Un point nouveau, l’inquiétude concernant la mise en place des heures de vie scolaire. Allongement des journées des élèves, concurrence avec les clubs et associations, encadrement… sur tous ces points les collègues restent très vigilants

4) CDEN : Le CDEN reprend l’ensemble des dossiers en présence entre autres, du Préfet, des élus, et des représentants des fédérations de parents d’élèves. Même constat, mêmes remarques. Un point à l’ordre du jour a occasionné un débat vif. La définition d’un coût moyen élève qui s’inscrit dans le cadre de la loi du financement de l’école privée. (Obligation faite aux communes de participer aux frais de scolarisations d’un enfant dans le privé article 89 de la loi de décentralisation de 2004). Les organisations syndicales ont dénoncé la loi. Le vote à l’issu des débats a montré l’opposition à cette disposition. La proposition a recueilli 1 voix pour et 1 abstention. Tous les autres votants ont refusé de prendre part au vote. Les fédérations syndicales, les parents d’élèves, les DDEN, des élus ont expliqué leur vote par le fait qu’ils considéraient qu’ils n’étaient pas engagés par cet article de loi.

Enfin, tant au CTP qu’au CDEN, la délégation FSU a tenu à rappeler son engagement dans RESF et son extrême vigilance à l’approche de la fin de l’année. Plusieurs familles de sans-papiers dans le Jura sont menacées de reconduite à la frontière actuellement. Nous demandons que ces mesures soient levées et que les enfants scolarisés et leurs familles puissent construire leur vie normalement.