SNUipp-FSU du Jura : Nous n’entrerons pas dans l’avenir à reculons !

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publie 15 novembre

Direction école : questionnaire ministériel, pour quoi faire ? qu’en faire

Le vif émoi suscité par le suicide de notre collègue directrice Christine Renon et les importantes mobilisations enseignantes qui ont suivi ont obligé le ministre de l’Education Nationale à bousculer son agenda social pour se pencher sur les conditions de travail des directrices et directeurs d’école.

Le ministère, sourd au diagnostic et aux revendications, préfère lancer un questionnaire à destination des 45000 directrices et directeurs. Ce questionnaire est arrivé ce mercredi 13 novembre sur la boîte professionnelle personnelle ( !) des collègues chargés de direction.

Pour le SNUipp-FSU, ce questionnaire ne peut pas être la solution aux préoccupations actuelles. Depuis de nombreuses années, nous alertons le ministère sur la dégradation des conditions de travail des directrices et directeurs, qui a conduit à une perte de sens du métier avec un impact sur le fonctionnement de l’école comme sur la santé des personnels. Le diagnostic est connu, les mesures à même d’améliorer nos conditions de travail également.

Quel est alors le but de ce questionnaire ?

 Gagner du temps ? Les 11 suicides d’agents de l’Education Nationale depuis cette rentrée scolaire, et le nombre croissant de collègues en souffrance ne le permettent pas, il y a urgence !

 Donner l’illusion d’écouter les personnels ? Nous ne sommes pas dupes, et ne comptons pas sur le ministre qui a démontré à de multiples reprises son déni de notre professionnalisme (pilotage des évaluations nationales, publications de guides injonctifs, restriction du plan de formation...)

 L’utiliser à des fins politiques ? De la même façon que les résultats des évaluations nationales ont été manipulés (résultats 2018 présentés à la presse alors que la campagne de saisie des remontées n’était pas close ; résultats 2019 qui n’ont servi qu’à alimenter l’auto-satisfecit du ministre et à vanter de façon anticipée les prétendus résultats de ses orientations politiques…), nous ne nous faisons pas d’illusion sur la restitution et l’analyse qui en seront faites. Ainsi, le terme « pénible » qui ne présente que 2 occurrences dans le questionnaire (sur 31 questions) est le seul qui évoque le champ de la souffrance : il sera donc difficile de cerner précisément au travers de ces deux questions fermées ce qui affecte les directrices et directeurs. En revanche, les termes « pilotage » (présent plusieurs fois), « évaluation » et « autorité » conduisent aisément à penser que l’idée du « statut de directeur » demeure bien en filigrane un objectif du Ministère, pourtant éconduit sur ce sujet au printemps dernier par les mobilisations contre la Loi Blanquer. Enfin, adresser ce questionnaire uniquement aux directrices et directeurs n’est pas un choix anodin du Ministère. Parce que la question des évolutions et du fonctionnement de l’école concerne aussi l’ensemble de la profession, le SNUipp-FSU avait demandé à ce que ce questionnaire soit adressé à tou·tes les enseignant.es du premier degré. Le ministère s’y est refusé. Pour le SNUipp-FSU, si la souffrance des directrices et directeurs est manifeste et spécifique, celle des autres membres de la communauté éducative est également à prendre en compte. Par l’exercice solitaire et individuel de la réponse à ce questionnaire, le ministère accroît l’isolement des collègues chargés de la direction d’école.

Pour toutes ces raisons, le SNUipp-FSU39 appelle toutes les équipes :

 à s’emparer collectivement du texte de ce questionnaire pour y réfléchir collectivement, et rompre l’isolement du collègue directeur-rice sur ces questions métier (Nous rappelons que cette consultation est facultative).

 à prendre connaissance des éléments de décryptage que nous mettons à disposition en pièce jointe.

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