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publie 25 août 2011

Dette : Tenue de rigueur exigée !

Malgré le leurre de la taxation temporaire des plus hauts revenus, les 12 Md€ d’économies supplémentaires annoncés par le Premier ministre hier soir reposeront d’abord sur le plus grand nombre. L’Éducation nationale restera très touchée par la politique budgétaire du gouvernement.

Le gouvernement a revu à la baisse les prévisions de croissance économique. Cette dernière devrait se situer à 1,75% en 2011 et en 2012 alors que jusqu’ici il tablait sur une hausse du PIB de 2% en 2011 et de 2,25% en 2012. C’est ce qu’a expliqué mercredi 23 août le Premier ministre lors d’une conférence de presse à Matignon. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, François Fillon a également annoncé 12 Md€ d’économies supplémentaires sur le budget de l’Etat : 1 Md€ en 2011 et 11 Md€ en 2012. A ceux qui réclament un changement de cap vers une politique de relance, le gouvernement, bien qu’il s’en défende, répond par des mesures d’austérité (1). Elles viennent aggraver les choix déjà faits. Sur la période triennale 2011, 2012, 2013 il s’était déjà engagé à réaliser 100 Md€ d’économies afin de ramener le déficit public de la France sous la barre des 3% comme l’exigent les critères européens de stabilité repris sous la dénomination de « règle d’or » par le président de la République. Un plan qui même pas un an après sa mise en œuvre s’avère dores et déjà inopérant.

Le leurre de la taxation des plus riches

Cette politique se traduit notamment par une baisse des dépenses de l’Etat, une diminution de ses investissements, du montant de ses dotations aux collectivités territoriales et par le non remplacement d’un départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux. Dans le même temps des cadeaux fiscaux sont consentis aux plus favorisés par la loi TEPA. Cette loi faisait tâche. Face à son impopularité et aux récentes déclarations de personnalités à hauts revenus appelant à taxer les plus riches, le gouvernement annonce une taxation nouvelle de 3% pour les revenus dépassant 500 000 € par part fiscale. Une mesure transitoire jusqu’à ce que le montant du déficit public soit passé sous la barre de 3%. Mais pour l’essentiel, avec de nouvelles réductions des dépenses des ministères (-1 Md€), le rabotage des niches fiscales et une hausse de 6% des prix du tabac, des hausses des prix de l’alcool et des boissons contenant du sucre, une augmentation des prélèvements sur les complémentaires santé, c’est le plus grand nombre qui supportera l’effort, y compris les plus défavorisés. Un plan dont l’efficacité est d’ores et déjà contestée mais dont le niveau d‘injustice sociale malgré l’effort de communication du gouvernement, est avéré.

L’éducation en première ligne

Le secteur de l’éducation qui devrait être considéré comme un investissement d’avenir, est particulièrement impacté par la politique du gouvernement. 16 000 postes supprimés en 2010, 14 000 suppressions prévues en 2011 et des chiffres du même ordre pour 2012, rien ne va plus. La situation est d’autant plus intenable que les moyens de collectivités, grands financeurs de l’éducation, sont eux aussi réduits. Le 1er septembre prochain, l’intersyndicale se réunira pour envisager la riposte.

1 : les principales mesures : Rabotage des niches fiscales de 10%. Taxe de 3% sur les revenus du travail et du capital dépassant 500 000 euros par an. Hausse de 6% de la taxation des prix du tabac, de l’alcool, et des boissons dans lesquelles on ajoute du sucre. Taxation des assurances et des mutuelles de complémentaire santé.