SNUipp-FSU du Jura : Nous n’entrerons pas dans l’avenir à reculons !
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Hommage revendicatif d’un collègue
vendredi, 15 janvier 2021
/ SNUipp du Jura /

Syndicat National Unitaire des Instituteurs, P.E. et P.E.G.C.

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Il y a un an, Nath, "la Nath" nous quittait laissant un grand vide parmi nous tous...

Nath n’est donc plus là, mais l’esprit de combativité pour les questions d’éducation et de justice sociale qui l’animait est toujours présent, animé par vous tous et toutes qui avaient pris la section en main. Passé le moment d’abattement et de douleur, il fallait bien remettre les dossiers sur la table !! Respect et considération, donc...

Ainsi, parmi les différents sujets qui amènent notre vigilance, voire notre contestation, celui de la considération du ministère pour l’école publique qui substitue petit à petit la réussite de tous les élèves, au profit d’un élitisme citadin assumé, reléguant nombre d’élèves et d’étudiants dans des parcours non-choisis, faute de postes et de possibilités offertes sur l’ensemble du territoire : drôle de conception, donc, du principe d’égalité quand les lycéens d’un territoire rural ne peuvent prétendre aux mêmes options que ceux de grandes villes...

Quelle considération encore pour l’école quand chacun d’entre nous apprend, par voie de presse, que les élèves pourront vaquer le jeudi et le vendredi des vacances de Noël... afin de pouvoir, sans risque, partager la dinde avec mamie une semaine après !!... Au-delà de la mesure qui ramène l’éducation à une variable d’ajustement, cela dénote le mépris pour l’ensemble des personnels qui oeuvrent au quotidien, souvent dans les difficultés, pour faire réussir les élèves qui leur sont confiés ; ne sait-il pas le ministre, par exemple, que les fins de périodes sont marquées par des transmissions de bilans aux familles ? Quelle crédibilité accorde-t-il ainsi au travail de tout un chacun ? Je ne peux m’empêcher d’établir un rapprochement avec la considération "non essentielle" du secteur culturel, sinistré dans la triste période que nous traversons. Et puisque désormais, la transmission des informations semble privilégier les différentes formes de presse en lieu et place des notes de services et autres directives administratives, je m’interroge sur la pertinence, finalement, de conserver, dans ces conditions, la hiérarchie administrative permettant aux fonctionnaires de... fonctionner : le DASEN et ses services pourraient alors être remplacés par les antennes de BFM/TV ou de France 27 !

Cette considération de façade pour nous tous s’illustre par les volte-face en matière d’hommages à notre collègue Samuel Paty, assassiné le 16 octobre dernier par le fanatisme religieux. Après de belles déclarations initiales, l’idée finalement retenue avait tout du service minimum... de quoi humilier encore un peu plus - à titre posthume - notre pauvre camarade !! A t-on pris conscience en haut lieu que ce qui avait été visé, ce jour-là, n’était ni plus, ni moins que la raison d’être de notre profession : donner les moyens à nos élèves de se forger un esprit libre afin de devenir des citoyens éclairés.

Il est grand temps que cela change, que chacun d’entre nous soit considéré pour ce qu’il fait au quotidien, que l’institution scolaire soit véritablement reconnue, et pas seulement par de beaux discours sans contenus. Cela passera par la création de postes, des revalorisations, par les conditions encourageant le travail en équipe... Et que dire des situations sociales dans lesquelles se débattent de très nombreuses familles, actuellement partout en France du fait de la situation sanitaire, rendant encore plus précaires leurs conditions d’existence et... comme par hasard, celles d’apprentissages de leurs enfants ?

Pour toutes ces raisons, il y a matière à se mobiliser le 26 janvier, afin de donner à l’école les moyens de lutter contre les effets dévastateurs de la crise sanitaire sur le public qui nous est confié. Certains objecteront que le moment est mal choisi, qu’il faut plutôt courber l’échine, faire profil bas en attendant des jours meilleurs... mais justement, rappelons que la très grande majorité de la population a reconnu le remarquable investissement des enseignants pour assurer les apprentissages au jour le jour, pendant le premier confinement ; il n’y a donc aucune honte aucun frein à revendiquer ce que nous voulons, pour que l’école puisse, dans les conditions actuelles, et celles à venir... continuer à oeuvrer et voir s’améliorer ses conditions de fonctionnement.

Gilles Yvetot, enseignant et directeur d’école à Bellefontaine.

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